Contribution JEM ULP 98

Lors de la sixième Journée pour les Enseignements Médiatisés de l'Université Louis Pasteur (28 mai 1998), j'ai présenté ma tentative de mise à disposition sur internet de mes supports de cours (quoi, comment, pourquoi) puis j'ai tiré un bilan de cette expérience. Je vous présente ici le canevas de ce que j'avais prévu de dire. Vous trouverez tout au long du texte les liens vers les documents que j'ai présentés (vous les verrez dans une seconde fenêtre, pour commencer un petit exercice : cliquez ici pour voir la page de titre).

Donc c'est parti, vous vous imaginez dans l'amphi, les pages sont projetées sur écran géant, vous m'écoutez pour une présentation de 20 minutes (j'ai volontairement omis de mentionner les divers "Euh", "Bon",... qui augmenteraient le temps de transfert de ce fichier).


Je suis enseignant à l'IPST, et j'enseigne principalement l'informatique et l'automatisme (en Deug, IUP, DESS, Prépa Agreg). Je fais aussi fonction d'ingénieur système pour l'UFR, et je gère entre autres la seule station disponible sur le site, celle du l3mi. Il y a maintenant deux ans, j'ai cherché à mettre en place un serveur Web, pour voir comment cela fonctionnait. Avec RTFtoHTML, un logiciel shareware, j'y ai mis mon poly sur le langage C, que j'avais mis en forme sous Word l'été précédent.

présentation du cours C. On parcourt les différents fichiers jusqu'au chapitre 4

Ce cours est accessible de manière séquentielle : on le lit progressivement, du premier paragraphe au dernier. A l'intérieur d'un même chapitre, on peut accéder directement à un paragraphe grâce à une table des matières détaillée

choisir Structures de contrôle -> Boucles

On va trouver, au cours du cheminement, des exemples, des exercices. Je propose également la solution (du moins, une solution) à l'exercice, mais pas directement visible, au cas où le lecteur aimerait y réfléchir avant

clickez pour voir la solution, puis on revient

Les exercices sont d'une difficulté croissante, c'est ici l'un des premiers

Mais l'ordre dans lequel on lit ce document peut être différent.

le même, avec fenêtrage

avec le fenêtrage, on peut naviguer plus rapidement grâce à la table des matières.

Je peux par exemple vouloir accéder directement au paragraphe sur les structures chaînées, j'y vais directement (presque au bout de la table des matières). Evidement, ceci permet d'accéder directement à une partie du cours, mais ce chapitre se trouvant vers la fin du document, sa lecture nécessite de déjà connaître une grande partie de ce qu'il y avait au dessus.

Un autre moyen d'accéder à une information est d'utiliser l'index

choisir l'icône index (A-Z) dans fenêtre de gauche

Par exemple, on peut rechercher des informations sur typedef : je choisis T, je peux trouver 4 endroits où on en parle : la définition, et des cas où l'on s'en sert.

Conclusion : je voulais essayer, et j'y suis arrivé. Mon objectif a ensuite été de présenter mon cours complet à mes étudiants (pour ceux qui n'auraient pas pu suivre un cours, ceux qui auraient mal compris, ceux qui veulent aller un peu plus loin...). J'ai donc créé d'autres documents, dont certains vont plus loin que ce que j'enseigne à l'IPST :

liste des documents de programmation

Un (gros) cours d'algorithmique, de C++ et un de Pascal ,du même type. Voyons le cours mis en place pour le DESS : l'infographie.

cherchez les courbes de Bézier

Là le problème que je tiens à vous montrer est la difficulté à mettre en forme les formules en html. En fin de compte, le plus simple est de créer des images (celles-ci ont été créées avec paintbrush). Dans d'autres cas j'ai utilisé l'éditeur d'équations de Word puis RTFtoHTML

sommaire général automatisme

J'ai fait de même des documents sur l'automatisme et l'électronique numérique. L'accès à l'information reste le même : on suit dans l'ordre, ou on utilise la table des matières ou l'index. Des exercices progressifs sont proposés, avec leur solutions.

sommaire des transparents (exemple : T3)

J'ai aussi proposé les transparents visionnés en cours (avec des explications supplémentaires pour celui qui n'était pas en cours)

exemple de Grafcet

Dans ce domaine, j'ai dû passer pas mal de temps pour les graphiques. Au niveau des outils, je n'ai utilisé que word, notepad, paintbrush, rtftohtml et giftools. Pour la mise en forme HTML, même quand j'utilise un outil spécifique, je mets toujours au point manuellement le code généré. En particulier les outils Microsoft ont la fâcheuse habitude de ne pas respecter la norme (en particulier l'imbrication des codes), et d'optimiser pour votre type d'affichage et une police windows. En fait je me suis fait des macros Word pour les opérations que je fais le plus souvent (enlever les polices non standard, les tailles des tableaux...)

J'ai encore créé pas mal d'autres documents, mais ce n'est pas le but de ma présentation.

Malheureusement, comme on le verra plus loin, j'ai remarqué que tout le monde regarde ces documents, à l'exception de mes étudiants. Je pense que c'est parce qu'ils ont peur d'en apprendre plus que le minimum nécessaire (c'est sûrement un peu de notre faute, mais ils se sentent là pour passer des examens, pas pour apprendre). J'ai donc essayé de leur proposer des exercices supplémentaires, au fur et à mesure de l'avancement du cours.

je montre le premier exercice et sa correction

je me suis arrêté après le deuxième : aucun étudiant de l'IPST ne les a regardés

je montre le 1er TP

Autre tentative : la correction des TP d'informatique. Celle-là a été lue, et imprimée par les étudiants. En fait je prenais, lors du TP, la solution qui me convenait le plus. La promesse de citer dans le document le nom de celui qui proposait la solution a rendu le TP plus motivant.

les sujets d'examens : voir IUP1 janvier 98

En fait ce qui a le plus intéressé mes étudiants, ce sont les sujets d'examens des années précédentes, avec leur correction. Si les sujets étaient déjà saisis, y compris les graphiques, la mise au propre du corrigé prend du temps

De plus, je me suis fatigué à écrire des formulaires et un programme CGI pour qu'ils puissent évaluer une note : le lecteur essaye de répondre aux questions, puis compare avec la correction et répond au formulaire, quand il valide on lui renvoie sa note). Ca n'a intéressé personne !


bilan


statistiques du serveur

Combien cela représente-t-il ? Sur ces graphique, j'ai analysé la totalité du serveur : la présentation de l'UFR, celle du labo. Mes documents pédagogiques sont à droite : ils "pèsent" en fait 575 fichiers (dont 256 fichiers html) (sur les 1723 du serveur), et totalisent 5 Mo (dont 2 Mo pour les fichiers html) (donc 1/4 du serveur)

Regardons maintenant les accès au serveur. Une requête (on dit aussi "hit") correspond à un fichier demandé au serveur. Une page correspond en fait à un fichier html mais aussi aux différentes images (y compris le fond). Mais toutes mes pages ayant le même fond, il n'est chargé qu'une fois. Par contre, si plusieurs demandes successives passent par un même cache ou proxy, seule la première m'est réellement transmise. Nous en sommes donc à plus de 100 000 requêtes par mois, un million au total dans quelques jours

Voyons plus précisément ces accès. j'ai pris comme exemple le mois d'avril , mais les proportions sont habituellement les mêmes. En largeur, les répertoires demandés, en profondeur l'origine de la demande. Je n'ai pris en compte ici que les pages HTML. Comme tous les mois, plus des 3/4 des requêtes concernent mes documents pédagogiques. Mais ce que l'on peut surtout remarquer, c'est que mes étudiants ne les regardent pas beaucoup (la seconde rangée, u-strasbg, est néanmoins quelquefois un peu plus haute, en particulier depuis l'ENSPS ou l'ENSAIS. Donc la moitié est originaire de France. Dans les autres, sont comptabilisés les .com (1/4) dont certains sont français, des machines dont je n'ai pas pu déterminer le domaine mais dont j'ai le n° IP, mais il reste néanmoins 80 pays différents (en tout en 97, ce sont plus de 10 000 machines différentes)

étude des mails spontanés

Qui sont donc tous ces gens qui regardent ces pages ? il m'est difficile de le dire. Mais je reçois souvent des mails spontanés. Je ne pense pas que ce soit un échantillon représentatif, mais c'est le seul dont je dispose. Sur la centaine de mails que j'ai gardés, j'ai eu des compliments ou remerciements de la majorité (et un seul méchant, envoyé à Noël).

Les profs en général me félicitent, ou cherchent des exercices. Certains veulent apprendre des choses proches de leur domaine (physique), ou cherchent à savoir ce que font leurs élèves (prof de maths en lycée technique)

Dans le cas des étudiants, la plupart me disent que mon site leur a permis de comprendre un cours (soit le prof ne leur convient pas, soit ils commencent à travailler à la fin du cours). Ils étaient souvent accompagnés d'une question très précise (quelquefois dans le cadre d'un projet informatique). Certains étudiants sont français à l'étranger (surtout USA) et comprennent mieux un cours en français.

Les industriels me contactent surtout à propos de l'automatisme. Ils recherchent souvent des adresses de fournisseurs, et quelquefois veulent m'embaucher. Quelques fois c'est pour un problème technique. En Afrique francophone, c'est une bonne manière qu'ils ont pour se tenir au courant. Il y a aussi des chômeurs ou des techniciens en situation difficile qui cherchent à se remettre à niveau.

Ceux qui ne se présentent pas font un petit compliment ou signalent une erreur.

formulaire d'enquête auprès des étudiants

J'ai également demandé l'avis de mes étudiants. Sur la centaine de questionnaires distribués (sur papier, puisque ça semble leur convenir mieux), une vingtaine m'a été rendue.

En général, ils avouent n'avoir pas trop regardé mais que la démarche est intéressante. Ils n'ont pas de proposition quand au contenu. Par contre ils regrettent (à l'unanimité) le faible nombre de machines, la lenteur de la connexion du campus (ça fait quelques années qu'on doit déménager dans les 6 mois à venir, on a gardé la ligne à 64k) et la faiblesse des matériels. Ils sont informés de l'existence de ces documents. Ils se disent surtout intéressés par les corrections d'examens et des TP.

En regardant de près ce qu'ils font, j'ai surtout remarqué : Seul le cours est important, il leur semble inutile d'aller plus loin (par contre d'anciens étudiants m'ont dit qu'ils utilisaient ces documents pour leur travail). Par contre ils préfèrent les documents papier, même ceux qu'ils ne liront jamais. Ce qui les intéresse surtout, ce sont les corrections des examens des années précédentes (en particulier tout à la fin du semestre).


Suis-je le seul à faire cela ? Non, mais nous ne sommes pas très nombreux en France. J'en ai contacté certains, pour que nous comparions nos expériences.

cours de Bernard Boittiaux

cours de Jean Beuneu

Bernard Boittiaux et Jean Beuneu, de l'Eudil (Lille) proposent des cours, avec à peu près la même fréquentation externe que mon site. Ils disposent à peu près des mêmes moyens que moi, et considèrent qu'il a fallu 600 h de travail pour le site. Ils estiment aussi que ce que recherchent les lecteurs, ce se sont pas des applets lourds et longs à charger, mais du texte clair et facile à lire, et surtout utilisable facilement dans leur domaine professionnel. Leurs étudiants s'en servent un peu mais n'en parlent pas beaucoup. En fait, les étudiants de Centrale Lille (résidence câblée, accès dans leurs chambres) s'en servent plus. Ils comptent augmenter l'utilisation locale par la création (en cours) d'une salle spécifique. Les mails spontanés qu'ils reçoivent sont à peu près les mêmes que les miens. Par contre ils ont plus de retours depuis qu'ils ont mis en place un forum de discussion. Ils se sentent très isolés dans leur école, et me demandent si mon travail est reconnu par mes collègues.

poly de Jean-Jacques Levy

Jean-Jacques Levy, de l'X, a mis son poly sur le web quand il a eu accès à LatexToHtml. Auparavant il le diffusait en format Postcript par ftp, et c'etait l'une des principales demandes ftp sur l'INRIA (donc toujours pour imprimer). Par contre l'intérêt des étudiants locaux semble assez faible. Il sert cependant comme "aide en ligne" lors de TD/TP. Il pense que ce sera attrayant quand on pourra faire des cours délocalisés, entre étudiants sur le réseau. Il regrette qu'autour de lui on ne s'imagine pas le travail que cela représente, et n'envisage donc pas de passer à un niveau supérieur d'interactivité.

Pierre Aubert

Pierre Aubert, de l'Insa, trouve être peu lu par ses étudiants (sauf la semaine précédant les examens), mais plutôt par d'autres enseignants français et québécois. Une limite à l'utilisation par les étudiants est la difficulté d'imprimer les documents

Luc Marleau

Luc Marleau (Université Laval à Québec) qui propose ses cours, mais également des animations 3D (http://www.phy.ulaval.ca/marleau/marleau_euler3D.html), n'a pas estimé les accès, mais constate également le peu de commentaires de ses étudiants, mais plutôt par des lecteurs extérieurs.


En conclusion, je ne vous parlerai pas de tous mes projets, ils sont nombreux (et quelquefois un peu fous) et je préfère vous présenter des réalisations en cours, qui aboutiront donc prochainement :


P. Trau ULP-IPST 29/5/98. ( ).

Vous pouvez ici accéder aux autres informations sur ce serveur, normalement ou par carte.